Débat d'orientations budgétaires du 29 janvier 2026

Publié le 20 février 2026 à 22:39

Intervention de Pascal Leprêtre 

Madame la maire,

A titre liminaire il me semble indispensable de rappeler le contexte très particulier dans lequel ce Débat d’orientations budgétaires intervient.
Le débat d’orientation budgétaire qui nous est présenté ce soir se tient dans les délais légaux : la loi impose que ce débat ait lieu dans les deux mois précédant le vote du budget primitif, et cette exigence est respectée.

En revanche, Nous sommes aujourd’hui à un peu plus d’un mois des élections municipales, et chacun sait que le conseil municipal issu de ces élections sera intégralement renouvelé dans quelques semaines quelque soit le résultat des élections.
Dans ces conditions, cet exercice d’orientation budgétaire apparaît, de fait, largement artificiel : les orientations débattues ce soir n’engageront pas politiquement les conseillers municipaux qui auront à administrer la commune dans quelques semaines.

C’est d’ailleurs précisément pour cette raison que le législateur a prévu une souplesse dans le calendrier budgétaire. Je rappelle que la loi autorise le vote du budget primitif jusqu’au jusqu’au 30 avril l’année de renouvellement municipal.
Il serait par conséquent souhaitable et à mon sens plus respectueux du suffrage à venir d’organiser le vote du budget après les élections, afin de laisser au nouveau conseil municipal la pleine responsabilité de ses choix budgétaires.

S’agissant maintenant du contenu du rapport, je constate que, malgré ce contexte électoral, ce rapport d’orientations budgétaires laisse clairement transparaître des choix de continuité, notamment en matière d’investissements.
Je pense en particulier au projet de réhabilitation de l’ancienne école Paul Doumer, devenu « projet de Maison de la jeunesse et des arts », pour lequel des montants très conséquents sont programmés dès 2026, et même au-delà, dans le cadre du plan pluriannuel d’investissement.

Je me suis opposé à ce projet depuis l’origine, tant sur son opportunité que sur son dimensionnement financier.
Je m’oppose donc logiquement à l’inscription de ces dépenses dès 2026, a fortiori dans un document qui nous est présenté à quelques semaines d’un renouvellement complet du conseil municipal.

Je souhaite également souligner un élément positif du rapport :
l’année 2026 bénéficie de recettes exceptionnelles importantes, qu’il convient de rappeler précisément.
Il s’agit notamment :

  • des droits de mutation exceptionnellement élevés, liés à deux ventes de demeures patrimoniales privées, pour un montant de 447 000 € et 218 447 €,
  • ainsi que de la vente de deux biens communaux, pour 765 000 € et 340 000 €, soit plus d’1,1 million d’euros de recettes.

Ces recettes constituent indéniablement une bonne nouvelle sur le plan budgétaire, même si elles sont par nature ponctuelles et non reconductibles.
Elles offrent à la commune une capacité temporaire à envisager des projets.

Enfin, je note que le rapport met en avant une situation de trésorerie confortable et un endettement maîtrisé. Ces éléments sont réels, mais ils ne doivent pas conduire à anticiper des choix structurants qui engageraient durablement la commune avant même que les électeurs ne se soient exprimés.

Pour toutes ces raisons, si je prends acte de la tenue régulière de ce débat, je considère que le vote du budget primitif doit être organisé après les élections, et je marque mon désaccord avec les orientations budgétaires proposées pour 2026, en particulier celles concernant le projet Paul Doumer.

 

Je vous remercie

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.