Conseil municipal du 20 mars 2026 - élection du maire

Rappel du vote

Le conseil municipal du 20 mars était consacré principalement à l'élection du maire et de ses adjoints. 

Mme Marie-Dominique Parisot a été élue maire à une très courte majorité lors d'un scrutin à bulletins secrets. Nos 5 élus ont voté blanc.

Votants : 29

Majorité requise: 15

Mme Parisot : 15

Votes blancs : 14

 

Intervention de Pascal Leprêtre lors du conseil municipal du 20 mars 2026 - élection du maire

 

Madame la Maire,

Je tiens tout d’abord à vous adresser mes félicitations pour votre élection.

Je veux également remercier très sincèrement les Louveciennoises et les Louveciennois qui nous ont accordé leur confiance. Le résultat que nous avons obtenu est élevé et il nous confère une responsabilité particulière : celle de représenter pleinement, ici, une part importante de la population, plus d’un électeur sur trois.

Ce résultat constitue un message politique clair, que vous ne pouvez pas ignorer.

 

Ce message dit plusieurs choses.

  •  Il dit d’abord qu’une part significative des habitants souhaite une autre manière de faire : plus écologique, plus solidaire, mais aussi plus démocratique.
  • Il dit ensuite que beaucoup de Louveciennois attendent que l’opposition soit enfin considérée autrement qu’elle ne l’a été au cours du précédent mandat.

 

Si nous avons obtenu ce résultat, c’est aussi parce que de nombreux électeurs se sont reconnus dans notre programme et dans les valeurs que nous portons.

  • Des valeurs démocratiques, d’abord, parce que nous croyons profondément à une vie publique plus ouverte, plus transparente et plus respectueuse du pluralisme.
  • Des valeurs sociales, ensuite, parce que nous sommes attachés à la solidarité, à l’attention portée aux plus fragiles et à la qualité de vie pour tous.
  • Des valeurs écologiques, enfin, parce que nous considérons que la transition environnementale n’est plus une option mais une nécessité.

Ces trois piliers — démocratie, justice sociale et écologie — guideront notre action. Nous aurons à cœur de les défendre avec détermination tout au long de la mandature qui s’ouvre.

Sur la question de la démocratie, je veux être très transparent.

Si, dans nos échanges personnels, nous avons toujours su maintenir un dialogue respectueux, je dois dire que j’ai, pour ma part, très mal vécu le mandat précédent et ce sentiment est également partagé par ma colistière Aurélia Diaz-Poiret qui elle aussi siégeait dans un groupe d’opposition. Non pas pour des raisons politiques, le débat est légitime, mais parce que l’opposition n’a pas été suffisamment associée à la vie démocratique municipale, notamment concernant la fermeture et le projet de rénovation du groupe scolaire Paul Doumer.
Et cela, au-delà de nos personnes, était un manque de respect vis-à-vis des électeurs que nous représentions.

Aujourd’hui, la situation est encore plus claire. Nos 5 élus représentent plus d’un électeur sur trois. Vous ne pouvez pas les ignorer.
Et vous ne pouvez pas non plus continuer à considérer l’opposition comme une simple variable d’ajustement institutionnel qui n’a aucun rôle à jouer.

Nous vous demandons donc explicitement de faire évoluer vos méthodes et vos pratiques.
Faire vivre la démocratie locale, ce n’est pas seulement organiser des votes, ni simplement nous donner la parole quand nous le demandons ou encore nous faire participer à des commissions où tous les dossiers sont déjà ficelés. C’est permettre l’expression du pluralisme, partager un certain nombre de responsabilités et garantir des conditions réelles de transparence et de contrôle.
Sur ce point, je veux rappeler un élément important.


En 2014, alors même que notre représentation était bien moindre — moins de 10 % des suffrages et un seul élu — votre prédécesseur avait fait le choix d’ouvrir un espace à l’opposition. Il nous avait ainsi proposé la présidence de la commission d’appel d’offres, ainsi que des sièges dans plusieurs syndicats intercommunaux. La présidence de la caisse des écoles avait, quant à elle, été confiée à l’autre groupe d’opposition.
Ce choix traduisait une certaine conception de la démocratie locale : celle qui considère que l’opposition, même minoritaire, a toute sa place dans le fonctionnement des institutions communales.
Dès lors, aujourd’hui, confier des présidences de commissions à l’opposition ne relève pas d’un geste symbolique. Lorsque l’on représente plus d’un tiers des électeurs, c’est une exigence démocratique élémentaire. Cela est à la fois logique, légitime et utile.
Ce qui apparaissait naturel pour votre prédécesseur doit l’être tout autant aujourd’hui.
D’ailleurs, dans de nombreuses communes d’Île-de-France, ces pratiques existent déjà depuis longtemps : présidence de la commission des finances confiée à l’opposition, présence active dans les structures intercommunales, ou encore désignation d’élus d’opposition comme référents thématiques sur certains sujets.
Ces exemples montrent qu’il ne s’agit pas d’une revendication exceptionnelle, mais bien d’un standard démocratique et qui répond à une attente forte des citoyens.

Nous vous demandons aujourd’hui de vous inscrire dans cette logique, et même d’aller plus loin, non pas pour des raisons symboliques, mais parce que cela permettra à l’opposition que nous représentons :

  • d’exercer pleinement son rôle de contre-pouvoir,
  • de contribuer à la transparence de l’action publique,
  • et, au fond, de mieux servir l’intérêt général.

Pour le reste, notre position est claire.
Nous sommes dans l’opposition, et nous l’assumons pleinement.
Mais nous ne serons jamais dans l’opposition systématique, nous ne l’avons d’ailleurs jamais été.
Nous serons vigilants, exigeants et force de proposition, chaque fois que cela sera utile à notre commune.
Nos priorités restent inchangées : la transition écologique, la qualité de vie, la solidarité, et une démocratie locale plus ouverte.

Sur ces sujets, nous serons attentifs, engagés et déterminés.
Madame la Maire, vous connaissez mon engagement, ma constance et mon sens de l’intérêt général, sachez qu’ils sont partagés par l’ensemble des élus du groupe « Louveciennes écologique citoyenne et solidaire ».

Nous sommes prêts à travailler sérieusement, dans un esprit exigeant mais constructif, encore faut-il que les conditions démocratiques de ce travail soient réunies.

C’est aujourd’hui votre responsabilité.

Je vous remercie.